Appel à sessions (proposées par les membres)
1. Décloisonner les mémoires : récits, trajectoires et contre-récits des circulations dans l’espace francophone
Les frontières géopolitiques contemporaines de l’espace francophone portent encore les stigmates des découpages coloniaux et des logiques d’enclavement national. Pourtant, face aux cloisonnements géographiques et mémoriels imposés par l’Histoire, le monde francophone est le théâtre de circulations constantes — qu’elles soient choisies, contraintes, intellectuelles ou artistiques. Cette session se propose d’analyser comment la littérature, les arts et l’historiographie francophones contemporains s’emparent de ces flux pour subvertir les frontières et faire émerger des « contre-récits ».
Décloisonner les mémoires implique de dépasser le face-à-face traditionnel entre l’ancienne métropole et ses ex-colonies (schéma centre / périphérie) pour adopter une perspective transnationale et transversale (dialogues Sud-Sud ; parcours diasporiques multipolaires). Il s’agira d’étudier comment les récits, les films, les productions artistiques francophones agissent comme des espaces de réparation, de négociation et de redéfinition des identités.
Nous interrogerons la manière dont les écrivains, cinéastes, artistes et chercheurs francophones habitent les marges et traversent les frontières pour relier des mémoires fragmentées (guerres d’indépendance, migrations, exils). En brisant les silos nationaux, cette session souhaite mettre en lumière une « mémoire-monde » francophone, fluide et interconnectée, capable de proposer de nouvelles cartographies de la pensée.
Contact : M. Mohamed AÏT-AARAB mohamed.ait-aarab@univ-reunion.fr
2. Décloisonner les savoirs : corps, mémoires et écologies dans les cultures francophones
Dans les espaces francophones marqués par les héritages coloniaux, les déplacements forcés et les violences environnementales, la frontière organise aussi les manières de définir les expériences et savoirs légitimes. Ce panel examine les œuvres littéraires, cinématographiques et culturelles qui contestent ces partages et font émerger des savoirs corporels, mémoriels, spirituels, relationnels ou écologiques. Dans le sillage de Sylvia Wynter, Malcom Ferdinand et Édouard Glissant, il interroge conjointement les hiérarchies de l’humain, des milieux et des connaissances, en envisageant le décloisonnement comme geste esthétique, politique et épistémologique. Nous sollicitons des propositions sur les contre-archives, les mémoires spectrales ou traumatiques, les savoirs créoles et autochtones, les expériences liminaires, l’écocritique décoloniale, les relations humain/non-humain, les spiritualités, les langues minorées et les formes artistiques rendant perceptibles des savoirs marginalisés ou disqualifiés.
Contact : MME Linsey SAINTE-CLAIRE ls153@rice.edu
3. La frontière des marges : centre, périphéries et seuils dans la littérature de langue française
La littérature française s’établit en tant que littérature par excellence et en tant que norme, vis-à-vis des autres littératures d’expression française qu’elle envisage comme une littérature périphérique. En effet, la littérature d’expression française d’anciennes colonies ainsi que des départements et territoires d’outre-mer de la France, est regroupée sous la dénomination de la littérature francophone, de la « littérature-monde » (Le Monde, 2007), ou encore de la littérature de « l’éxiguïté » (François Paré, 1992). Le centre s’impose comme la norme et exerce le pouvoir sur la marge. Non seulement la rejette-t-il, mais il la maintient sous sa domination. Or, si la marge est le rejet de la norme, elle est aussi son reflet. Le centre se définit par la marge qu’il rejette. Reléguée à la marge, la littérature francophone est tout sauf stagnante. S’étant développée de manière importante depuis le 20e siècle, la littérature francophone repousse les limites de la marge qu’elle occupe. Les frontières deviennent dès lors floues. La complexité à délimiter les frontières soulève un questionnement quant à la place de la littérature d’expression française de nos jours. Ce panel invite à (re)penser la délimitation du centre et de la marge, et des frontières dans la littérature d’expression française à travers les axes suivants non-exhaustifs : agentivité, altérité, décolonisation, exil, immigration, mobilités et échanges.
Contact : MME Thila SUNASSEE tsunassee@brocku.ca
4. Institutions, médiations, circulations : fabrique et légitimation des littératures francophones contemporaines
Les littératures francophones contemporaines se construisent dans un espace traversé de rapports de force symboliques, culturels et éditoriaux. Leur reconnaissance dépend d’instances de médiation – maisons d’édition, médias, prix, revues, festivals, institutions – qui fabriquent visibilité et légitimité. Cette session interroge les mécanismes de production, de diffusion et de consécration des œuvres. Comment institutions, médiations et circulations influencent-elles les trajectoires des écrivains ? Les politiques éditoriales répondent-elles à des critères strictement littéraires ou promeuvent-elles certains imaginaires de la francophonie ? Une attention particulière sera portée à l’édition française, au débat sur la littérature-monde, aux stratégies de consécration et aux formes de médiation. Sans réponse unique, la session explore les rapports entre création, marché, politiques éditoriales et enjeux symboliques dans la mondialisation culturelle.
Contact : M. Mohammed Yacine MESKINE mohammedyacine.meskine@yahoo.fr
5. L’extrême frontière des littératures francophones du Canada
Quelles sont les frontières actuelles des littératures francophones du Canada? Ces littératures sont-elles toujours définies par leur langue (le français), leur genre (poésie, roman, théâtre), leur format (broché) et le lieu de résidence des auteur.trices (l’Ontario, l’Acadie, l’Ouest canadien)? Qu’en est-il de quelques éléments, certains plus récents que d’autres, qui compliquent la délimitation des littératures franco-canadiennes aujourd’hui : les créations autochtones (en français ou traduites), l’hybridité générique et la « paralittérature », l’intermédialité des œuvres, la mobilité des artistes et des travailleur.ses culturel.les, la circulation du livre et des productions? Nous sollicitons des propositions qui se centrent sur ces enjeux et qui offrent de nouvelles perspectives pour analyser les approches discursives, thématiques, génériques ou institutionnelles utilisées au Canada francophone (et au-delà).
Contact : M. Alexandre GAUTHIER agauthier@mun.ca
6. Au-delà des frontières : intelligences, langues et relations dans le monde francophone
Les frontières existent partout. Entre nations, régions, races, genres, espèces. Les frontières séparent et divisent, pourtant elles permettent aussi la possibilité de les franchir. Cette session invite des communications qui interrogent les frontières à franchir dans la littérature francophone. Les approches possibles incluent la question de franchir les frontières dans les récits de l’immigration, franchir les frontières entre un pays et sa diaspora, franchir les frontières entre les genres ou d’autres formes identitaires, et finalement franchir les frontières de la langue et de l’intelligence afin de créer des conditions de Relation (Glissant). Comment peut-on franchir les frontières afin de permettre de nouvelles conversations autour de ce qui constitue les objectifs humains, sociaux, culturels, ou environnementaux qui dépassent les frontières de la pensée de séparation et insistent d’ailleurs sur la relation entre les mots et les choses?
Contact : M. Isaac JOSLIN ijoslin@asu.edu
7. La littérature suisse romande contemporaine

