Congrès mondial du CIÉF à Alcalá de Henares, Espagne Du 22 au 28 juin 2026
Thème directeur du congrès:
En d’autres mondes : imaginaires francophones et utopies en mouvement
Proggramme préliminaire (cliquer)
Le Conseil International d’Études Francophones lance son appel à communications pour le congrès annuel qui se tiendra du 22 au 26 juin 2026 à Alcalá de Henares, ville historique espagnole, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Célèbre pour avoir vu naître Miguel de Cervantès, cette cité universitaire située à une trentaine de kilomètres de Madrid est un carrefour intellectuel et culturel qui, depuis le Siècle d’or jusqu’à nos jours, cultive un dialogue vivant entre langues, mémoires et imaginaires. Ce cadre, riche en croisements et en circulations, est particulièrement propice à une réflexion sur les mondes multiples qui traversent les productions francophones contemporaines.
Le thème de cette 40e édition, En d’autres mondes, invite à réfléchir aux manières dont les littératures, les arts, les pensées et les pratiques francophones imaginent, habitent, déplacent ou contestent les mondes existants. À l’heure des bouleversements géopolitiques, des mutations technologiques et des urgences écologiques, comment les œuvres et discours francophones participent-ils à la fabrique d’“Autres mondes” utopiques, décoloniaux, transidentitaires, linguistiques, diasporiques, imaginaires ou intimes ? Quels passages, quelles fractures, quelles utopies émergent dans ces espaces de création, de mémoire et de contestation ?
Dans cet esprit, les travaux de penseurs comme Felwine Sarr, qui appelle à un renouvellement radical des imaginaires africains à travers une “esthétique de la relation” et une pensée de l’ouverture, offrent des pistes puissantes pour penser des mondes à venir. Dans Afrotopia, Sarr invite à rompre avec les modèles imposés de développement pour imaginer des trajectoires fondées sur les ressources culturelles et spirituelles propres aux sociétés africaines. De son côté, Achille Mbembe propose, dans ses réflexions sur le devenir-monde et l’“écologie du rapport”, une pensée du vivant et de l’interdépendance qui redéfinit les formes d’être ensemble. Ces approches critiques trouvent des échos dans les œuvres de Werewere-Liking, dont les textes mêlent mythe, oralité, féminisme et cosmogonie, ou encore dans les engagements de figures comme Rokhaya Diallo, qui reconfigurent les imaginaires sociaux et politiques depuis les marges.
Qu’il s’agisse de revisiter des mythes anciens, de mobiliser la science-fiction comme langage de résistance, ou d’évoquer des formes de mémoire non-occidentales, les arts et pensées francophones ouvrent des espaces d’expérimentation et de projection vers d’“autres mondes” parfois rêvés, parfois critiques, toujours porteurs de possibles.
Consulter l’appel détaillé mis à jour (cliquer)
PRIX CIÉF DÉCERNÉ À VÉRONIQUE TADJO
VÉRONIQUE TADJO est écrivaine, poète, universitaire et peintre. Franco-Ivoirienne, elle a grandi et fait la majorité de ses études à Abidjan (Côte d’Ivoire), avant de se spécialiser en Littérature et la Civilisation noires américaines à la Sorbonne Paris IV et à l’université de Howard à Washington, D.C.
Son œuvre, traduite en plusieurs langues, mêle poésie, romans, ainsi que des fictions historiques. Parmi ses livres, on peut citer notamment, L’ombre d’Imana : voyages jusqu’au bout du Rwanda (Actes Sud, 2000), Reine Pokou (Actes Sud, 2005, Grand prix littéraire d’Afrique noire), Loin de mon père (Actes Sud, 2010), ou En compagnie des hommes (Don Quichotte/Le Seuil, 2017, Los Angeles Times Book Prize for Fiction en traduction anglaise), ayant pour thème l’épidémie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest. Aimer est paru chez (Muséo Éditions, 2021). Je remercie la nuit (Mémoire d’encrier, 2024) a remporté le Prix Kourouma, ainsi que le prix Cheick Amidou Kane et est également finaliste du Prix Ivoire. Son dernier recueil de poèmes s’intitule Latérite, suivi de Déclinaison du temps premier (Poésie Points, 2024).
Parallèlement à sa création romanesque, Véronique Tadjo s’est lancée dans la littérature et l’illustration pour la jeunesse afin d’apporter sa contribution à l’émergence d’une production africaine.
Elle a vécu au Nigeria, au Kenya et en Afrique du Sud où elle a dirigé le département d’études françaises et francophones à l’université du Witwatersrand à Johannesburg. Aujourd’hui, elle partage son temps entre Londres, Paris et Abidjan.
Table ronde du mardi 23 juin 2026 : Pourquoi d’autres mondes ? Les littératures spéculatives en question
Laura Nsafou, écrivaine et blogueuse afroféministe, aborde sur son blog Mrs Roots les questions relatives à l’afroféminisme en France et la visibilité des littératures afro. De la création de sa plateforme mrsroots.fr à l’animation de plusieurs projets culturels (ateliers d’écriture, rencontres, ateliers jeunesse, etc), elle s’intéresse au manque de représentativité de la société dans la littérature française. Elle est également autrice de plusieurs albums jeunesses, dont l’album à succès Comme un million de papillons noirs, publié aux Éditions Cambourakis, et scénarise deux romans graphiques, Amours Croisées et Quand vient l’été aux éditions Marabout. En septembre 2021, elle signe une trilogie afrodystopique Young Adult, Nos jours brûlés aux éditions Albin Michel. Écrire avant l’aube, biographie romancée sur la lauréate du Prix Nobel Toni Morrison parue aux éditions Albin Michel, est son dernier roman.
Catherine Dufour est auteure de SFFF (science-fiction, fantasy et fantastique). Elle est aussi ingénieure en informatique, chroniqueuse au Monde Diplomatique et chargée de cours à Sciences Po Paris.
Elle a lancé en 2001 la série de fantasy “Quand les dieux buvaient” (Ed. Nestiveqnen). Elle a publié des ouvrages de science-fiction, notamment Le goût de l’immortalité (Ed. Mnemos), Grand Prix de l’Imaginaire 2007. Dans un autre genre, le polar, elle publie en 2020 Au bal des absents (Ed. Seuil). Elle a sorti chez Fayard Ada ou la beauté des nombres (2019), première biographie française de la première informaticienne de l’histoire, tous genres confondus.
Elle a publié en 2024 Les champs de la Lune chez Robert Laffont, collection “Ailleurs et demain”.
Après une licence en littératures romanes et un master en édition, Katia Lanero Zamora travaille à la fois dans le monde des livres et de l’audiovisuel. Elle a débuté sa carrière à la SACD-Scam en tant que chargée de relations auteurs. Elle publie une trilogie fantasy aux Impressions Nouvelles et remporte la bourse de fondation Vocatio (lauréate 2015). Elle se lance comme script-doctor et développe des projets de romans et de scénarios de séries et de podcasts. En 2017, elle entre dans l’équipe fiction de la RTBF comme conseillère de programme. Parallèlement, elle écrit trois romans parus aux éditions ActuSF, dont La Machine qui remporte le prix de l’Ouest hurlant 2023. En 2024, elle devient story editor chez Peyo Company et chargée de développement chez Sequel Prod. En 2025, elle remporte le prix Julia Verlanger avec son roman Re :Start, paru aux éditions Argyll. Si les formats de récits varient en jouant avec les codes de l’imaginaire, tous ses personnages brûlent d’une même révolte.
Table ronde du jeudi 25 juin 2026 : Passage en Espagne : mémoires sonores et sensorielles, et imaginaires de résistance
Né en 1973, David Fauquemberg est romancier, auteur notamment de Nullarbor (prix Nicolas Bouvier 2007), Mal tiempo (prix de la Ville de Caen, prix des Hebdos en région et prix Millepages 2009) et Bluff (prix Gens de mer et prix Henri-Queffélec 2018). Il a signé des récits pour les revues XXI, Long Cours, Desports, Holiday ou encore Géo. Traducteur de l’anglais et de l’espagnol, il a notamment traduit les prix Nobel Patrick White, Nadine Gordimer et Wole Soyinka, Luis Sepúlveda, Yuval Noah Harari, James Meek, Eduardo Halfon, Carys Davies…
Yahia Belaskri est né à Oran (Algérie). Romancier, poète, essayiste, fondateur avec Hubert Haddad et secrétaire de rédaction de la revue Apulée (éd. Zulma, Paris), directeur d’ouvrages collectifs, auteur de nouvelles, préfaces, contributions sur les questions d’exil, de mémoire, d’appartenance, la culture algérienne et les relations euro-méditerranéennes, essais, récits et romans dont :
-N’oublie pas notre Arménie, roman, éd. Zulma, 2025 ; éd. El Kalima, Alger, 2025 ;
–De sable et de vent, poèmes, éd. Asmodée Edern, Bruxelles, 2025 ;
–Arrachons l’économie aux économistes, entretien avec Alain Deneault, Les Apuléennes, éd. Zulma, 2023 ;
–Le silence des Dieux, éd. Zulma, 2021 ; mention spéciale du jury du Prix des 5 continents de la Francophonie 2022.
–Lettre ouverte à ceux qui se sentent envahis et ceux qui veulent tout détruire au nom de leur croyance étriquée, éd. Le Réalgar, 2018 ;
–Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, éd. Vents d’ailleurs, 2010, Prix Ouest France-Etonnants Voyageurs 2011 ; Prix Coup de Cœur de Coup de Soleil Languedoc-Roussillon 2012. Plusieurs de ses ouvrages ont été traduits en allemand, roumain et italien.
Daniel Maximin, né à la Guadeloupe, est poète, romancier et essayiste. Il est l’auteur entre autres ouvrages de trois romans : L’isolé Soleil (1981), Soufrières (1987), et L’île Et Une Nuit (1996), Éditions du Seuil ; d’un récit autobiographique : Tu, C’est L’enfance, (Éd. Gallimard, 2004, et en poche Caraïbéditions 2024) ; d’un essai : Les Fruits Du Cyclone, Une Géopoétique De La Caraïbe (Seuil. 2007), ainsi qu’un recueil de poèmes : L’invention Des Désirades, (Points-Seuil. 2009). Il a publié : les Écrits de dissidence de Suzanne Césaire (Seuil. Et : Aimé Césaire, frère-volcan, le récit de ses 40 ans de dialogue avec le poète. (Seuil. 2013). Il vient de publier en septembre 2025: Salves de blues, un roman sur la Résistance de la jeunesse à Paris en 1942 sous l’Occupation (chez Caraïbéditions).
Il est Officier de la Légion d’Honneur et Officier des Arts et lettres. Il a reçu en décembre 2017 le Grand Prix Hervé Deluen de l’Académie Française, pour l’ensemble de son œuvre.
Vendredi 26 juin 2026 : Les Contes de la cale et le grand trou noir où je voulais me noyer de Fabienne Kanor
Lorsque l’histoire ne les oublie pas, lorsque la mer ne les dissout pas, lorsque le vent ne les disperse pas, les revenants reviennent.
Le film est inspiré de l’histoire vraie d’Anton Çape qui, arraché, au XVIᵉ siècle, à sa terre natale, la Sierra Leone, est déporté en Espagne et vendu comme « Nègre de Sa Majesté ». L’Africain finit par mourir à Guadalcanal, dans le trou noir d’une mine d’argent. À la recherche de ce mort qui aurait pu être son ancêtre, la narratrice Fabienne Kanor croise le chemin du migrant clandestin Makha. Celui-ci, qui a quitté son pays natal (le Sénégal) et est arrivé en zodiac à Almería en 2019, lui raconte sa tragique odyssée vers la « Forteresse » Europe
Née en France de parents caribéens, Fabienne Kanor est professeure au département d’études françaises et francophones et professeure associée de français et d’études francophones à la Pennsylvania State University. Écrivaine et cinéaste primée, elle a réalisé plusieurs films et est l’autrice de nombreux ouvrages publiés, parmi lesquels Je ne suis pas un homme qui pleure (2016), Louisiane (2020) et La poétique de la cale (2023). Décorée Chevalier des Arts et des Lettres par le ministère français de la Culture, Kanor consacre sa carrière à l’étude des questions de race et de genre en France, aux Antilles françaises et aux migrations ouest-africaines en France.









